Joseph Alexandre Arrêteau

Capitaine Joseph Alexandre Arrêteau












Au début du 20ème siècle, Joseph Alexandre Arrêteau, un officier d'artillerie passionné d'équitation, réalisait un exploit équestre jamais renouvelé depuis:
Debout sur la croupe de 2 chevaux de selle, il en guidait un train de 38 autres à la fois avec 1200 mètres de rênes dans les mains.

Ces chevaux étaient tout simplement prêtés par l'Armée dans les villes de garnison où le Capitaine Arrêteau s'exhibait et n'avaient donc suivi aucun entraînement spécifique si ce n'est une ou deux répétitions.

Joseph Alexandre Arrêteau était né en 1878 à Neuvy-Saint-Sépulchre dans l'Indre d'un père gendarme à cheval: ceci explique peut-être cela! Mais c'est surtout le naturaliste et herpétologiste Raymond Rollinat, originaire d'Argenton-sur-creuse, qui fut son professeur d'équitation.

Avant la Grande Guerre, on le trouve déjà à Douai ou à Poitiers avec "seulement" 28 chevaux.




Poitiers
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Puis à Sissonne( http://www.ville-sissonne.fr/camp_prouesse.php )


Après le Brevet Civil d'Aviation en 1912, il obtient en 1913,le Brevet d'Aviation Militaire ce qui lui vaudra plus tard cette citation:
"Officier audacieux et plein de vigueur. S'est distingué en exécutant maintes reconnaissances aériennes très périlleuses, rapportant au commandement de précieux renseignements" avec attribution de la Légion d'Honneur.
Il continue de combattre et gazé, il est cité à l'ordre de la division:
"Officier dont l'entrain et la belle humeur même dans les circonstances les plus pénibles ont souvent servi de réconfort à son entourage. Comme adjoint au Chef de Corps s'est acquitté de plusieurs missions particulièrement dangereuses avec une parfaite insouciance apparente. Comme Commandant d'une batterie subissant des bombardements quotidiens d'obus toxiques et autres, a été gravement intoxiqué, a conservé son Commandement jusqu'à la limite de ses forces".

La guerre terminée, il se livre à nouveau à sa passion et s'exhibe dans des galas organisés au profit des orphelins, des grands blessés nerveux et des mutilés de la Guerre.
On peut citer à nouveau Sissonne:



Sissonne
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Viendront ensuite entre autres le concours International de Nice en Avril 1924, la Grande Fête Militaire organisée en Août 1924 au Donjon de Vincennes par le groupement des Officiers mutilés, une grande rétrospective du Sport à travers les siècles en Juillet 1924 au Stade Vélodrome Buffalo à Montrouge

Stade Vélodrome Buffalo
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Stade Vélodrome Buffalo
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

On peut citer également la fête militaire de bienfaisance au Parc de la Pépinière à Nancy en juillet 1925.

Des cartes postales sont éditées à ces occasions le qualifiant de "plus fort conducteur au monde de chevaux".

Carte postale
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Le Petit Journal Illustré fait de son exploit la couverture de son numéro du 13 juillet 1924 et écrit:
"Au cours d'un reconstitution des sports à travers les âges, un officier d'artillerie debout sur deux chevaux noirs et 1200 mètres de rênes en mains fit manoeuvrer sur la piste 40 chevaux galopant. L'enthousiasme qu'il souleva n'est-il pas le même qui faisait à Rome se presser sur les gradins du cirque les amateurs de courses de chars et de prouesses hippiques."

Le chef d'escadron d'artillerie Joseph Alexandre Arrêteau meurt prématurément en 1927 à l'âge de 49 ans les poumons rongés par les gaz toxiques inhalés pendant la Guerre.
Ainsi que l'avaient prévu les jounalistes de l'époque, sa performance était "destinée à rester dans son genre le summum de l'art hippique et ne saurait être égalée."

Si vous possédez des informations sur Joseph Alexandre Arrêteau, ou si vous souhaitez de plus amples informations à son sujet, n'hésitez pas à m'écrire.
Ecrivez moi

 

L'écrivain Colette, ayant assisté le 6 juillet 1924 à la rétrospective du Sport à travers les âges, avait été, elle aussi, impressionnée. Dans un texte intitulé "L'Usurpateur", paru d'abord dans le Figaro du 13 juillet 1924 et repris dans son recueil "Aventures quotidiennes", elle écrit :"....le temps de brider mon admiration pour une frise galopante de 40 chevaux d'armes menés par un seul homme."
Merci à Stéphane De Becker, qui consacre une partie de son site à Colette, de m'avoir signalé ce passage (Site de Stéphane De Becker )